Projet

UNFSS 2021

Comment soutenir le développement de systèmes alimentaires productifs et durables en Afrique du Nord à l’horizon 2030

Concertations indépendantes en ligne préliminaires au Sommet sur les systèmes alimentaires 2021

Information sur le projet

Contexte

Le Secrétaire Général des Nations Unies a appelé à un Sommet sur les systèmes alimentaires pour promouvoir le rôle de l’alimentation dans la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD).

Lors de la préparation du Sommet, les parties prenantes ont été appelées participer à des Concertations préliminaires, où une large platée d’acteurs explorent les défis auxquels les systèmes alimentaires sont confrontés, discutent les objectifs du Sommet et échangent diverses perspectives afin d’identifier les instruments appropriés pour augmenter la durabilité des systèmes alimentaires, induire le changement et donner une contribution pour faire de sorte à que cette vision devienne réelle et partagée.

Dans ce cadre, l’UMNAGRI a organisé le 21 juin 2021 – avec le concours de ses Organisations membres, en représentation de 4 pays (Tunisie, Algérie, Maroc et Mauritanie) – une Concertation Indépendante dans le but d’impliquer les parties prenantes dans une réflexion qui puisse aboutir à favoriser une compréhension commune et relever les défis croissants et interdépendants afin de développer des systèmes alimentaires productifs et durables en Afrique du Nord à l’horizon 2030.

Justification

Malgré son importance – en raison de sa contribution à la réalisation des objectifs nationaux en matière de sécurité alimentaire, de création de sources de revenu dans  le  milieu  rural, d’équilibre régional et de cohésion sociale – le secteur agricole  reste  à  l’arrière-plan  de  toute  stratégie  de développement en Afrique du Nord 

Les politiques et stratégies de développement mises en œuvre au niveau de la sous-région font la promotion de la croissance économique et de la bonne gouvernance. Ces objectifs sont structurés autour de la valorisation d’un certain nombre d’atouts majeurs dont dispose la sous-région, à savoir la grande diversité des ressources naturelles, l’existence d’une infrastructure physique, d’espaces géographiques et culturels homogènes et de ressources humaines importantes. Cependant, plusieurs contraintes handicapent les politiques économiques entreprises dans la sous-région :

– Des économies vulnérables aux aléas climatiques

– Les économies des différents pays de la sous-région sont majoritairement dépendantes de l’exploitation des ressources naturelles et demeurent peu diversifiées.

– La croissance économique de la sous-région demeure insuffisante pour générer de l’emploi. 

L’Afrique du Nord se caractérise par un déficit hydrique des plus élevé au monde (disponibilité en eau inférieure à 1000 m3/an), une désertification qui affecte environ 85% des terres, lesquelles sont de plus en plus menacées par l’érosion et la salinisation, une agriculture à dominante pluviale très sensible aux variations climatiques, ainsi qu’une concentration démographique et des activités économiques de plus en plus importantes sur les zones côtières).

Tous ces facteurs font que cette sous-région a été qualifiée par le groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) comme l’une des régions les plus sensibles au changement climatique.

La situation environnementale de la région doit faire face à ces contraintes majeures :

– Des ressources naturelles en dégradation continue

– Une insécurité énergétique et un potentiel en énergie renouvelable faiblement exploité

– Des changements climatiques peu maîtrisés

Le défi majeur reste la capacité pour les pays de la région de créer les conditions en s’appuyant sur les producteurs et leurs organisations pour produire mieux, mieux transformer, mieux commercialiser afin de nourrir les populations et créer des emplois et de la richesse. Ce défi ne peut être relevé qu’avec des organisations paysannes fortes et bien structurées et qui sont des interlocuteurs des décideurs politiques, d’où la nécessité de développer leurs capacités d’intervention nationales et locales. 

Le niveau d’organisation des producteurs est disparate d’un pays à un autre. Il faut donc créer les conditions nécessaires pour échanger les expériences, mutualiser les acquis dans l’optique de réussir toute mission d’intégration régionale par les producteurs.    

Compte tenu des situations diverses, le travail du réseau devient un défi majeur car les actions doivent prendre en compte la diversité et la spécificité dans une cohérence d’ensemble.

La concertation indépendante de l’UMNAGRI

Les Concertations sur les systèmes alimentaires offrent un forum ciblé, organisé et interactif permettant aux parties prenantes de se rassembler et de partager leurs rôles dans les systèmes alimentaires, d’examiner leurs impacts sur les autres et de trouver de nouvelles façons d’améliorer le statu quo d’une manière qui fonctionne à la fois pour les humains et pour la planète. 

Une Concertations indépendantes a été organisée au niveau régional en partenariat entre l’UMNAGRI et ses membres en Tunisie (UTAP/Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche), Algérie (UNPA/Union Nationale des Paysans Algériens), Maroc (Union Marocaine des Agriculteurs) et Mauritanie (Fédération Mauritanienne des Agriculteurs). En raison des restrictions dues à la pandémie COVID-19, la Concertation s’est déroulée à distance, en utilisant le logiciel « zoom ».

Les parties prenantes

L’UMNAGRI et ses membres vont solliciter la participation dans chaque pays de décideurs des autorités nationales et locales, des organisations de consommateurs, des interprofessions et des entreprises, des chercheurs et de techniciens, des représentants de la société civile et des ONG, ainsi que des organisations des producteurs et des transformateurs à petite et à grande échelle: ce derniers vont jouer un rôle primordial en tant qu’acteurs principaux dans les systèmes alimentaires, mais qui représentent aussi – très souvent – le maillons faible de la chaîne. 

Les thématiques

Tout en tenant compte des cinq pistes d’actions, qui coïncident avec les cinq objectifs du Sommet, les parties prenantes ont participé ainsi à des discussions interactives, et à la définition collective d’un programme en mettant l’accent sur l’équité, l’inclusion, la capacité, l’innovation et la durabilité.

Dans ce cadre, l’UMNAGRI, a développé sa concertation sur le thème « Accès au financement : un préalable indispensable pour une agriculture performante en Afrique du Nord à l’horizon 2030».
En effet, le financement demeure une contrainte majeure empêchant tout développement réel de l’agriculture en Afrique du Nord.

Cette problématique générale du financement de l’agriculture a été abordée à travers 4 thèmes majeurs, discutés dans des groupes thématiques et portant sur les volets suivants :
Groupe du discussion Orientation clef
Groupe (a) : Financement des petites exploitations Une offre de crédit bancaire accessible et adaptée aux besoins des petits producteurs nord-africains
Groupe (b) : Accès des femmes au Financement Un accès facilité des femmes agricultrices aux différents mécanismes de financement
Groupe (c) : Mécanismes d’incitation Un dispositif et des mécanismes d’incitations adaptés aux nouveaux défis de l’agriculture Nord- africaine
Groupe (d) : Financement de l’innovation Des mécanismes de financement stimulant l’innovation dans les systèmes de production et les chaines de valeur